CfP: Le multilinguisme évité, contourné et caché : Le monolinguisme, le multilinguisme et la (non-)traduction au 19e siècle

Journée d’étude virtuelle (6.5.-7.5.2021, Université de Liège)



Organisation: Jana-Katharina Mende et Myriam-Naomi Walburg, nontraduction@uliege.be

Comment le multilinguisme se manifeste-t-il dans la littérature du 19e siècle ? Notre journée d’étude place cette question au cœur des réflexions. Nous analysons les ambivalences de la relation entre mono- et multilinguisme et la traduction dans une période qui voit l’émergence de langues nationales en Europe.

Les développements linguistiques, politiques et littéraires au cours du 19e siècle constituent le point de départ de nos réflexions. Nous nous intéresserons aux stratégies propres à une écriture multilinguistique singulière ainsi qu’aux différentes politiques linguistiques ou aux textes littéraires qui les et y réfléchissent. Seront abordés la relation entre périphérie et centre, les rapports entre classes sociales, formation des élites et rôle du genre en tant que phénomènes historiques.

Le socle de nos réflexions sera la relation entre les langues nationales émergentes et le monolinguisme national au 19e siècle. En outre, nous nous pencherons sur les auteur.e.s et textes qui échappent à cette évolution ou l'évitent sciemment.

Comment contournent-ils ce monolinguisme ou – au contraire - évitent-ils le multilinguisme ? Ces stratégies – contourner le monolinguisme et éviter voire cacher le multilinguisme – se déploient dans le but commun de parvenir à un accueil multilingue et, a fortiori, une compréhension. Elles se déclinent sur divers axes, par exemple :

  • Premièrement, elles peuvent comprendre les tentatives d’invention d’une langue artificielle et universelle comme par exemple l’Esperanto, le Solresol ou le Volapük. En littérature, nous trouvons des aspirations similaires dans les expériences de la littérature d’avant-garde.
  • Deuxièmement, des auteur.e.s multilingues ou des auteur.e.s qui ont des contacts avec plusieurs langues déploient des stratégies diverses. Les contributions soumises peuvent se porter sur des auteurs dont le multilinguisme a déjà fait l'objet de recherches - comme Heinrich Heine ou Alexandr Pouchkine - ainsi que sur des auteur.e.s dont le multilinguisme latent, passif ou actif a été plutôt négligé jusqu'à présent - comme Samuel Taylor Coleridge, Percy Bysshe Shelley, August Wilhelm Schlegel, Friedrich Schlegel, Marie von Ebner-Eschenbach ou Adam Mickiewicz. L'objectif est d’analyser non seulement les textes explicitement multilingues, mais aussi le multilinguisme caché - invisible - dans les manuscrits et dans les textes non publiés.

Finalement, nous nous intéresserons également à la politique linguistique, notamment à ces réflexions politiques et idéologiques qui ont eu une influence sur la production et la réception de la littérature multilingue au 19e siècle. Il est probable que la représentation négative du multilinguisme qui est évidente dès le début du siècle (par exemple chez Schleiermacher) ainsi qu’à la fin du siècle, a une influence sur la littérature de l’époque. Dans ce contexte, les différentes stratégies multilingues représentent-elles une résistance imposée ou plutôt une forme d'adaptation (ratée) à une langue nationale ? Un monolinguisme radical est-il, in fine, possible ?

Les contributions peuvent être issues de tout champ philologique. Plus précisément, les sujets suivants peuvent être proposés :

  • Littérature : Comment la littérature multilingue émerge-t-elles au 19e siècle ? Quelles stratégies les auteur.e.s multilingues poursuivent-elles-ils pour pouvoir publier des textes monolingues, tout en profitant de leur propre multilinguisme ? Quelles traces de langues universelles peut-on trouver dans la littérature ?
  • Politique linguistique : Dans quelle mesure la politique linguistique de l’époque orientée vers les langues nationales pousse-t-elle à une littérature monolingue ? Quel rôle les langues universelles jouent-elles dans le développement du paradigme monolingue (« monolingualization » selon Yildiz) ? Quelle est l’influence de la politique linguistique du 19e siècle sur les auteur.e.s individuel.les et leurs textes ? Une écriture monolingue peut-elle advenir en dehors de toute optique nationale ?
  • Traduction et Multilinguisme : Quelle est la relation entre les théories de la traduction au 19e siècle (exemple : Schleiermacher) et la production littéraire monolingue ou multilingue de l'époque ? Dans quelle mesure une forme d'intraduisible (avant la lettre) est-elle utilisée pour consolider la littérature nationale ?

La journée d'étude se décline sur l'axe de recherche "Non-traduction" développé au sein du Centre Interdisciplinaire de Recherches en Traduction et en Interprétation (CIRTI) de l'Université de Liège.

Les langues de communication sont l’anglais, le français et l'allemand.

Déroulement de la journée d’étude :

La journée d’étude se déroulera virtuellement sur la plate-forme de l'Université de Liège en mai 2021. Les présentations dureront environ 10 minutes et serviront de base de discussion en petites groupes. Il existe également la possibilité de présenter un poster en ligne pour les personnes qui sont encore au début de leur projet de recherche.

Nous invitons chaleureusement tout.e.s les chercheu.r.s.es intéressé.e.s  à nous envoyer leurs abstracts (500 mots max.) et une notice biobibliographique (100 mots max.).

Une publication dans la série « Truchements » éditée aux Presses Universitaires de Liège est planifiée.

Date-butoir pour l’envoi des abstracts : 31.12.2020

Réponse des organisatrices pour le 31.01.2021

Soumission des contributions pour la publication : 31.07.2021

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