« La belle Liègeoise »

« La belle Liègeoise » s’est imposée naturellement comme symbole du CIRTI.

D’abord par convergence temporelle : la nouvelle passerelle liégeoise qui relie la gare des Guillemins au nouveau musée d’art moderne et contemporain dans le parc de la Boverie fut inaugurée le 2 mai 2016, jour où le CIRTI fut lui aussi porté sur les fonts baptismaux.

Ensuite par convergence métonymique : la passerelle relie deux lieux publics (gare et musée/parc), deux formes de passage (le voyage et l’art), deux dynamiques urbaines (le réseau de transport, ferroviaire et fluvial, et le parc public). Le transfert entre langues, entre cultures, entre disciplines, entre subjectivités et sensibilités porté par le CIRTI trouve ainsi une incarnation au cœur même de la ville.

Mais aussi par convergence symbolique : la passerelle symbolise deux qualités essentielles à la recherche en traduction et en interprétation ainsi qu’à la recherche en sciences humaines en général.
Le ralentissement : la passerelle est réservée aux piétons, à ceux qui prennent le temps de traverser le fleuve sans se presser, sans se laisser impressionner par les appels à l’accélération lancés par celles et ceux qui considèrent la recherche comme un « produit » sur le marché académique.
Le courage : il faut oser poser le pied sur une passerelle, se retrouver suspendu au-dessus de l’eau, du flux qui jamais ne s’arrête. Le temps alors s’écoule lentement, tout comme le sentiment de vulnérabilité pendant la traversée.

Mais si le chercheur n’avait pas le courage, et parfois même l’audace, d’affronter l’incertitude, l'imprévisible, l'absence d'évidence et de résultats directement utilisables, la recherche ne serait qu’une machine à générer des résultats prédéfinis et consommables au lieu d’être un lieu de découverte et de surprise.